par Clément Lasserre le
À première vue, le Super Bowl LX pourrait sembler manquer de hype. Pas de dynastie flamboyante, pas de quarterback ultra-médiatique façon Mahomes ou Burrow. Et pourtant. Derrière cette affiche entre les Seattle Seahawks et les New England Patriots se cache un affrontement passionnant, presque académique, sur la manière de construire une équipe championne en NFL. … Continued
À première vue, le Super Bowl LX pourrait sembler manquer de hype. Pas de dynastie flamboyante, pas de quarterback ultra-médiatique façon Mahomes ou Burrow. Et pourtant. Derrière cette affiche entre les Seattle Seahawks et les New England Patriots se cache un affrontement passionnant, presque académique, sur la manière de construire une équipe championne en NFL. Le match est diffusé en direct et en exclusivité sur M6 dès 00:00 dans la nuit de dimanche à lundi.
Deux franchises construites avec la même philosophie
Si ces deux équipes se retrouvent au sommet, ce n’est pas un hasard. Seattle et New England partagent une vision commune du football : obsession du jeu physique et foi absolue dans le développement des joueurs.
Les dirigeants des deux franchises ont été formés à la même école, héritée de Ron Wolf :
- bâtir gros, puissant, athlétique,
- investir lourdement dans les lignes,
- faire confiance au coaching pour maximiser le collectif.
Résultat ? Des équipes dont le rendement collectif dépasse largement la somme des talents individuels.
Les tranchées : là où le Super Bowl se gagne
En combinant les titulaires des deux équipes lors des finales de conférence, un constat saute aux yeux :
- 4 choix de 1er tour de draft
- 0 choix de 2e tour de draft
- Plusieurs choix de 3e tour de draft
- 1 joueur non drafté
Les tackles sont presque systématiquement des choix premium. L’intérieur de la ligne est souvent trouvé au 3e tour, véritable sweet spot du poste. La fameuse « classe moyenne » (2e tour) est quasiment absente. Ce n’est pas un accident ou un hasard. C’est une stratégie assumée.
Les postes offensifs : une hiérarchie très claire
- Quarterbacks : choix très haut à la draft
- Running backs : aucun premier tour, mais du talent au 2e et 4e tour
- Receivers : trouvables partout (du 1er tour au joueur non drafté)
L’exemple parfait ? Seattle, qui n’a investi qu’un seul premier tour au poste de receveur (Jaxon Smith-Njigba), preuve que dans la NFL moderne, le poste est profond, formé très tôt, et optimisé par les systèmes offensifs.
Défense : investir lourdement là où ça compte
Ligne défensive : du premium, encore du premium
Côté défense, le message est limpide :
- Tous les linemen défensifs titulaires ont été draftés dans les trois premiers tours
- Aucun pari tardif sur les postes clés
Seattle et New England ont fait le même choix : dominer la ligne de scrimmage, mettre la pression sans blitzer, dicter le tempo du match.
Linebackers : le poste sacrifié
Le chiffre est presque choquant :
- 1 linebacker drafté au 3e tour
- 3 linebackers non draftés
La NFL parle depuis des années, les linebackers sont devenus ce que les running backs sont en attaque ; utiles, mais remplaçables.
Les Patriots et les Seahawks ont écouté.
Secondary : un alpha suffit
Dans le backfield défensif :
- 2 cornerbacks draftés au 1er tour
- Le reste réparti sur toute la draft
La logique est simple. Un CB1 dominant permet de structurer toute la défense. On peut aider l’autre côté du terrain, dicter les couvertures, imposer son plan.
Même logique chez les safeties : le 4e tour ressort comme une zone idéale pour trouver des titulaires fiables.
Le pari Sam Darnold : une vieille leçon remise au goût du jour
Le choix de Seattle de miser sur Sam Darnold illustre parfaitement une philosophie héritée d’Al Davis. Seattle a cru aux points forts de Darnold : bras, mobilité, vision. Entouré correctement, coaché intelligemment, le pari s’est transformé en réussite totale.
Les clés du match
Ce que Seattle doit faire pour gagner
- Limiter les jambes de Drake Maye
- Identifier et neutraliser Milton Williams
- Allonger le terrain : pas de turnovers, chaque drive doit finir par un coup de pied
Seattle n’a pas besoin d’être agressif. S’il protège le ballon, le talent fera la différence.
Ce que New England doit réussir à faire
- Stopper le jeu au sol adverse
- Rester au contact jusqu’au 4e quart-temps
- Trouver des coups tactiques : fake punt, trick plays, surprises
Les Patriots attendentque l’équipe adverse commette une erreur. Exactement comme à l’époque Bill Belichick.
Rendez-vous dans la nuit de dimanche 8 février à lundi 9 février pour vivre le Super Bowl LX en direct !